ANGOLA_CONGO-KINSHASA: Cacophonie sur la frontière pétrolière Cabindaise…

La présidence congolaise et le ministère des affaires étrangères s’opposent sur le différend frontalier avec l’Angola

Raffinage pétrole en mer
Raffinage pétrole en mer

La délimitation du plateau continental entre l’Angola et le Congo-Kinshasa fera, selon les informations de Africa Energy Intelligence, prochainement l’objet d’une question orale au Sénat, adressée au premier ministre Adolphe Muzito. Son auteur, le sénateur Raphaël Siluvangi Lumba, du Mouvement de libération du Congo (opposition), voudrait comprendre pourquoi le Congo-Kinsahasa n’a pas encore répliqué à la note angolaise du 31 juillet 2009, adressée au secrétaire général de l’ONU.

Ce document rejetait la délimitation de l’espace maritime fixée par Kinshasa dans son information préliminaire du 11 mai 2009. En outre, le sénateur souhaiterait savoir si un arrangement temporaire sur l’exploitation actuelle des ressources pétrolières situées dans l’espace disputé entre les deux Etats est intervenu ou fait l’objet de négociations, conformément aux dispositions de la convention sur le droit de la mer de l’ONU.

Les questions des parlementaires congolais risquent de révéler les divisions internes au gouvernement sur cette question. Car le ministère des affaires étrangères a bien rédigé, en décembre 2009, une réponse aux arguments angolais. Cette note, qui fixe la frontière maritime entre les deux pays au nord du bloc 15 (opéré par ExxonMobil), a été transmise au début de l’année au représentant congolais à l’ONU, Atoki Ileka, afin qu’il la communique au secrétaire général Ban Ki-moon. Ce qui ne fut jamais fait.

Placée sous la double tutelle des affaires étrangère et de la présidence, la représentation de Kinshasa à New York reçoit des instructions contradictoires sur le dossier de la frontière maritime cabindaise. Contrairement à son ministre, le président Joseph Kabila est en effet soucieux de ne pas provoquer l’Angola.

Cartographie du conflit Angola_Congo RDC
Cartographie du conflit Angola_Congo RDC

La commission de l’ONU, qui a planché entre décembre et avril 2010 sur le différend frontalier entre Luanda et Kinshasa, a donc dû délibérer sans disposer de toutes les informations nécessaires de la partie congolaise. Selon nos sources, la commission aurait soumis une proposition de tracé qui accorderait la totalité du bloc 15 et une partie du bloc 2 à Kinshasa.

Africa Energy Intelligence a appris auprès de plusieurs parlementaires que l’Angola pousse pour que le différend fasse l’objet d’un arbitrage à l’amiable, alors que le ministre congolais des affaires étrangères Alexis Thambwe (avocat de profession), comme le sénateur Siluvangi, pense que le Congo-K a davantage intérêt à obtenir un jugement de la Cour internationale de justice de La Haye. L’article 77 de la même convention stipule par ailleurs que si un Etat côtier n’exploite pas son plateau continental, nul ne peut entreprendre de telles activités sans son consentement.

Sources Africa Energy Intelligence. 19 Mai 2010  © Copyright Indigo Publications. Pour plus d’info, lire notre précedent article sur le même thème: Pétrole en Afrique : Les frontières de la discorde, le cas du Congo-Zaïre et de l’Angola…


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