Pétrole en Afrique : Les frontières de la discorde, le cas du Congo-Zaïre et de l’Angola…

Raffinage de pétrole en afrique
Raffinage de pétrole en Afrique

Riche en or noir, le sous-sol africain attise les conflits entre États sur des gisements transfrontaliers. L’arbitrage est périlleux, car les enjeux économiques sont souvent colossaux. Plus de 500 milliards de dollars sur dix à vingt ans. Voire 600 milliards avec un baril à 80 dollars. C’est le trésor colossal d’or noir – évalué à 7 milliards de barils – enfoui dans le sous-sol africain et que se disputent plusieurs États.

Ces gisements de la discorde s’étalent sous 175 km de frontières terrestres, sans compter les limites maritimes, aux contours flous et contestés. Et ce n’est pas fini. La volonté de diversification des sources d’approvisionnement engagée par les Occidentaux et les Asiatiques depuis 2001 a ravivé l’intérêt pour d’anciens champs pétroliers africains négligés.

Avec la région des Grands Lacs, le golfe de Guinée est devenu l’un des terrains d’affrontement majeurs pour la conquête et la répartition de ces nouveaux marchés. Demain, sans doute, l’océan Indien, dans un triangle dessiné entre les Comores, Madagascar et le Mozambique, sera une autre zone de turbulences. « Cela répond à la volonté légitime des États africains, favorablement repositionnés sur la cartographie pétrolière mondiale, d’exploiter au mieux ces ressources », note Victor Stéphane Essaga, représentant de l’Association internationale des négociateurs pétroliers [AIPN] pour dix pays africains.

Le dernier litige en date oppose Abid­jan et Accra à propos de gisements situés sur la frontière mouvante tracée entre les deux pays. « Il n’y aura pas de guerre du pétrole », a désamorcé Augustin Kouadio Komoé, le ministre ivoirien des Mines et de l’Énergie, le 10 mars. En mai 2009, les deux pays ont saisi, comme sept autres États africains, la Commission des Nations unies pour bénéficier d’une extension de leurs zones de prospection maritime.

Cartographie des conflits pétroliers en Afrique
Cartographie des conflits pétroliers en Afrique

Toutefois, l’issue des litiges n’est jamais garantie. São Tomé s’est entendu avec le Nigeria pour exploiter des réserves « communes ». Après quinze ans de tensions, la Tunisie et la Libye exploiteront finalement ensemble à partir de septembre un gisement sur leur frontière commune. Mais le Gabon et la Guinée équatoriale se disputent depuis 1972 l’île Mbanié sans même avoir la certitude qu’elle recèle du pétrole. Cette année, les deux pays feront appel à l’arbitrage de la Cour de justice internationale de La Haye. Mais entre des frontières mal dessinées et des rêves de puissance pétrolière, à l’image de l’Ouganda, nouveau roi du pétrole africain, les États n’ont pas fini de s’étriper au fil des fluctuations du prix du baril. Enquête sur un des conflits clés: Le pétrole Cabindais.

Pétrole Cabindais: facteur de discorde entre le Congo-Zaïre et l’Angola….

Alors que son différend frontalier avec l’Ouganda n’est pas encore résolu, la RD Congo a déposé en mai 2009 une requête auprès des Nations unies pour l’extension de son plateau continental. Le pays, dont l’espace maritime actuel se résume à un triangle qui s’étend sur 40 km au large de sa côte, peut prétendre à un offshore de 4 000 km2 (200 km de long sur 20 km de large). Une surface qui couvre la zone pétrolière où l’Angola puise 500 000 b/j.

L’objectif de cette démarche, à laquelle s’oppose Luanda, est de prendre possession d’une partie des gisements de pétrole de deux blocs offshore exploités par des multinationales pour le compte de l’Angola (Esso, ENI, Statoil…). Les réserves y sont estimées à 4,3 milliards de barils. De quoi susciter la convoitise de Kinshasa, dont l’ensemble de la production actuelle ne dépasse pas les 20 000 baril/jour.

Cartographie du conflit Angola_Congo RDC
Cartographie du conflit Angola_Congo RDC

En attendant le verdict de la justice internationale, les deux pays ont identifié une zone d’intérêt commun (ZIC) au terme d’un accord ratifié en 2008 et qui prévoit le partage à égalité de l’exploitation et des revenus par les sociétés nationales respectives, Cohydro et Sonangol, associées à des privées. Longue de 375 km et large de 10 km, cette ZIC située en mer, entre le Cabinda et la province Angolaise de Soyo, comporte deux parties. L’une, à l’ouest, se compose de deux champs, dont celui de Ngage, qui fait l’objet d’un contrat de partage de production (CPP).

Pour la partie est, non encore exploitée, l’Angola a proposé à la RD Congo des contrats de services à risques et promis un appui budgétaire de 600 millions de dollars. Mais pour l’heure, l’accord n’est pas exécuté, la constitution d’une commission technique mixte tarde à se mettre en place, et les modalités de partenariat pour l’exploration et l’exploitation restent à clarifier. Les Cabindais sont évidemment exclus des négociations.

(Sources: Jeune Afrique)

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