CABINDA (Tiowa): L’amertume des Cabindais toujours sensible…

par Julien Prétot  

amnesty International
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 CABINDA, Tiowa (Reuters) – Après avoir perdu un bras et la plupart de ses amis dans la lutte armée pour l’indépendance du Cabinda, Pedro Puna a renoncé à une guérilla que l’attentat contre l’équipe du Togo de football a ramenée sur le devant de la scène. 

S’il condamne cet acte revendiqué par ses anciens camarades du Front de libération de l’Etat du Cabinda (Flec), l’ex-rebelle âgé de 50 ans dit comprendre la colère que les habitants du Cabinda continuent à ressentir envers le pouvoir Angolais. 

Lui-même vit dans un village de préfabriqués des faubourgs de Tiowa (Cabinda) construit pour loger d’anciens combattants du Flec, mais aussi de l’Unita, autre mouvement rebelle, et des forces angolaises (FAA). 

« On vit ici depuis février 2009. Nous sommes mêlés aux anciens membres de l’Unita et des FAA. L’ambiance est bonne, mais les conditions de vie ne sont pas parfaites« , dit-il, en frappant sur le mur bien mince d’un préfabriqué. 

A ses côtés, Modesto, 69 ans, raconte avoir combattu pendant 34 ans dans les rangs du Flec. Aujourd’hui colonel, il a été reversé dans l’armée après l’accord de paix conclu en 2006 par le Forum cabindais pour le dialogue, qui regroupait la plupart des anciens combattants séparatistes. 

L’accord a toutefois été rejeté le Flec, emmenée par son président, N’Zita Tiago, qui vit aujourd’hui en exil à Paris et les violences se sont poursuivies. Ce dernier a précisé que l’attentat ne visait pas les footballeurs togolais, mais leur escorte angolaise. 

« PLEIN DE PÉTROLE » 

Comme Pedro, Modesto est loin de se satisfaire de son sort. Il regrette notamment de ne pas bénéficier davantage des revenus tirés des importants gisements pétroliers du Cabinda. 

« On n’a pas d’eau courante. De temps en temps, il y a des pannes de courant de trois ou quatre jours. Si on ne paye pas, pas moyen d’avoir de l’essence, alors qu’il y a plein de pétrole, ici, à Cabinda« , déplore-t-il.   

Procès des cabindais
Procès des cabindais

Les racines du conflit sont profondes et complexes, mais la répartition des revenus pétroliers du Cabinda, séparée de l’Angola par une bande de terre appartenant à la République démocratique du Congo, est l’un principaux griefs des Cabindais. 

« Je vois qu’ils (les membres du gouvernement) gagnent beaucoup d’argent avec le pétrole, mais je continue à vivre sans eau courante et sans électricité. Comment expliquer ça? Parfois, je comprends le Flec, même si je ne soutiens pas le terrorisme« , renchérit un autre Cabindais ayant requis l’anonymat. 

Les gisements au large des côtes du Cabinda valent à l’ancien territoire portugais le surnom de « Koweït de l’Afrique« . Ils fournissent plus de la moitié de sa production de deux millions de barils par jour. Cela permet à l’Angola de disputer au Nigeria le titre de premier producteur du continent.

Le pétrole représente 90% des recettes d’exportation de l’Angola. En juin 2009, Amnesty International a dénoncé les détentions arbitraires et les actes de torture infligés, selon elle, aux Cabindais soupçonnés de liens avec la guérilla. 

 Version française Jean-Philippe Lefief, Sources : challenges.fr 

3 réflexions sur “CABINDA (Tiowa): L’amertume des Cabindais toujours sensible…

  1. Le Cabinda ne sera jamais un conflit oublié et son peuple n’entrera jamais dans la theorie des peuples sans terres. le droit international a montré ces limites ,autant que la lutte armée. la bataille sera geopolitique. Il faut travailler pour un complot contre la RDC ,;;

    et e. Des

  2. CABINDA, MARE DE SANG eT DERNIER PETROLE ROUGE DE LA PLANETE sachez qu’ unjour les os des cabindais morts sortiront des tombes et poursuivront la lutte
    Adrien TSIOULA Diplomé du département de la surete et de le securité de l’ONU

  3. Je pense que La France a là une bonne opportunité pour faire valoir son principe de Pays des Droits de l’homme. L’Angolagate ou  »CabindaGate » est l’illustration de l’implication française dans les intérêts Cabindais.

    A travers la France, c’est toute l’Union Européenne qui pourra trouver des solutions: Contraindre le Portugal à négocier une solution pacifiée entre les Angolais et les Cabindais. Nicolas Sarkozy y trouvera là un rôle à sa mesure et, devancera les Américains dans la résolution des conflits dans le monde.

    Cordialement.

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