Human Rights Watch (HRW) épingle l’Angola sur les arrestations arbitraires au Cabinda

(New York) – Le gouvernement angolais doit immédiatement libérer trois défenseurs des droits humains qui ont été arrêtés sur des motifs apparemment politiques au lendemain du 8 Janvier 2010 , selon Human Rights Watch.

Human Rights Watch a également déclaré être préoccupé par le maintien en détention sans inculpation de cinq autres personnes au Cabinda.

L’équipe nationale de football du Togo a été attaqué le 08 janvier 2010 à la veille de la Coupe d’afrique des Nation. Deux personnes ont été tuées et au moins neuf autres personnes blessées par, semble t-il le FLEC ( Front pour la libération de l’ Etat de Cabinda), qui lutte pour l’indépendance du Cabinda depuis 1975, date de l’annexion militaire de ce territoire situé entre les deux Congo, en afrique centrale, par l’Angola communiste.

« Le gouvernement angolais a l’obligation d’enquêter et de poursuivre ceux qui ont attaqué l’équipe togolaise, a déclaré Georgette Gagnon, directrice Afrique de Human Rights Watch.  » Mais l’arrestation des défenseurs des droits de l’homme au Cabinda n’autorise pas le gouvernement Angolais à utiliser ladite attaque pour arretter ses opposants pacifiques.

Les autorités angolaises ont arrêté au moins huit hommes depuis l’attaque, sur des soupçons de « crimes d’État de sécurité« . Selon des sources crédibles interrogeés par Human Rights Watch, la police angolaise a arrêté la première personne à 5h30 le 08 Janvier, bien avant que les footballeurs togolais est été attaqués à 3 h, heure locale. Trois des personnes arrêtées, Belchior Lanso Tati, Francisco Luemba, et Raul Tati, sont tous des intellectuels de renom du Cabinda et défenseurs des droits humains qui critiquent ouvertement le gouvernement Angolais. Depuis cette attaque, les autorités ont également harcelé et intimidé les autres membres critiques du gouvernement.

Mpalabanda: Porte voix des sans-voix au Cabinda
Mpalabanda: Porte voix des sans-voix au Cabinda

Human Rights Watch a reçu des informations crédibles selon lesquelles les militaires ont maltraité Puati et Simba pour les forcer à avouer leur prétendu crime.  Les abus contre les détenus par les militaires sont légions au Cabinda, en particulier dans les zones rurales.

Les six autres détenus ont été arrêtés par la police dans la ville de Tiowa -la Capitale – , soupçonné d’avoir commis des crimes ‘’commis contre la sûreté de l’Etat« . Ce sont :

André Zeferino Puati, membre d’un groupe de l’Eglise catholique, arrêté dans la matinée du 08 janvier, Pedro Benjamim Fuca, un travailleur du pétrole, arrêté le 13 janvier; Belchior Lanso Tati, économiste et professeur d’université, arrêté le 14 Janvier, Raul Tati, un prêtre catholique et professeur d’université, arrêté le 16 Janvier, Francisco Luemba, un avocat et écrivain, arrêté le 17 Janvier, Barnabé Paca Peso, ingénieur et ancien militant des droits humains, arrêté le 14 Février.

Belchior Lanso Tati, Francisco Luemba, et Raul Tati, les trois plus importants détenus, ont été détenus au secret pendant 10 jours. Les avocats ont eu un accès restreint, et les membres de la famille n’ont pas pu les voir.

Marche pour les droits civiques au Cabinda
Marche pour les droits civiques au Cabinda

Les trois hommes sont des membres éminents de Mpalabanda association civile Cabindaise. Avant que le gouvernement angolais n’ interdise Mpalabanda en 2006, arguant qu’elle incitait à la violence, l’organisation avait publié des rapports de plusieurs violations des droits de l’homme au Cabinda et a facilité les négociations de paix entre le FLEC et le gouvernement Angolais.

Avec d’autres, ces trois hommes a continué de préparer les pourparlers de paix jusqu’en 2009 entre le gouvernement angolais et les forces du FLEC qui n’avaient pas déposé les armes. L’initiative de paix a été encouragé par de hauts fonctionnaires. Un facilitateur impartial de ces réunions, Rev Ntoni Nzinga – un militant de haut rang de paix en Angola – a dit à Human Rights Watch que ces réunions visaient à trouver une solution au conflit du Cabinda et établir une paix durable.

Familles cabindaises devant la FIFA en Suisse, avant la CAN 10
Familles cabindaises devant la FIFA en Suisse, pour protester contre les violations des droits de l'homme au Cabinda et, contre l'Organisation de la Coupe d'Afrique à Tiowa vu l'insécurité et l'instabiité politique.

« Le gouvernement angolais devrait entamer sans délai une enquête impartiale et transparente sur l’attaque du 8 Janvier « , a dit Gagnon.  » l’utilisation élargie des lois des États sur la criminalité est susceptible d’entraîner des abus au lieu d’accusations crédibles, pénales contre ceux qui sont responsables  ».

À la suite de l’attaque du 8 Janvier, les membres de la société civile du Cabinda ont raconté à Human Rights Watch les faits d’intimidations et de harcèlement. Un journaliste a raconté à Human Rights Watch que le 20 Janvier 2010, des responsables de la sécurité angolaise l’avait mis en garde sur sa vie et que les autorités angolaises le considéraient comme une personne «dangereuse» qui a  »terni l’image de l’Angola » par rapport à des questions politiquement sensibles.

Raul Danda, ancien porte-parole Mpalabanda et un membre du Parlement pour le parti d’opposition, l’UNITA, a déclaré avoir reçu des avertissements répétés sur son immunité parlementaire qui pourrait être levé car, il était lié au FLEC. En 2006, Raul Danda a passé plus de deux mois de prison, soupçonné de crimes d’État de la sécurité sans jamais avoir été officiellement inculpés d’un crime.

Fernando Lelo – Ancien correspondant en Amérique du Cabinda – a dit à Human Rights Watch que les policiers qui prétendent être les responsables du renseignement angolais l’ont averti qu’il allait bientôt être arreté pour les ventes d’armes présumées à FLEC. Lelo a passé presque deux ans de prison pour «crimes de sécurité» alors que la Cour suprême militaire Angolaise avait annulé sa condamnation en 2009. Fernando Lelo avait été condamné à 12 ans de prison après un procès en 2008 qui ne respectait pas les normes internationales de procès équitable.

«L’intimidation continue par le gouvernement angolais et le harcèlement de la société civile à Cabinda est inquiétante», a dit Gagnon. « Les problèmes de sécurité ne devraient pas être utilisées pour restreindre indûment l’exercice pacifique des droits fondamentaux.« 

Le gouvernement angolais a longtemps utilisé les préoccupations de sécurité pour restreindre les droits civiques au Cabinda. Dans un rapport publié en Juin 2009, HRW décrit les détention militaire, les actes de torture et l’absence de procès équitable au Cabinda.

Human Rights Watch a recueilli un ensemble de faits d’atteintes de l’État visant 38 Cabindais suspects entre Septembre 2007 et Mars 2009. Nombre des personnes arrêtées ont affirmé avoir été torturé par des militaires angolais. Dans une démarche positive, les tribunaux angolais ont acquitté depuis un certain nombre de ces personnes pour manque de preuves. Mais les autorités angolaises n’ont toujours pas enquêté sur les allégations de torture, ni poursuivi aucun membre de l’armée impliqués dans ces abus. Aucun des acquittés n’a reçu aucune sorte de compensation ou de réparation.

En Décembre 2009, selon Human Rights Watch il y’a eu intimidation de journalistes au Cabinda, pour les dissuader de dénoncer la situation sécuritaire fragile dans l’enclave à la veille de la Coupe d’Afrique des Nations. Le 08 Janvier, Human Rights Watch a appelé les autorités angolaises à ne pas utiliser l’attaque sur les footballeurs togolais pour justifier une répression accrue au Cabinda.

Sources : (New_York) Human Rights Watch  Traduction Guy alain Fouti BEMBELLY

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